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A propos du concert du 24 avril 2011 à la 50e Semaine de Musique Religieuse de Cuenca - Fondation Antonio Pérez

Extrait de l’article de Xoán M. Carreira, paru dans Mundoclasico.com le 02 mai 2011

50 Semaine de Musique Religieuse de Cuenca - 24/04/2011 -  Fondation Antonio Pérez.
Ensemble Vocal Soli-Tutti dirigé par Denis Gautheyrie
Olivier Messiaen, Cinq rechants, y O sacrum convivium. Henryk Górecki, Pod Twoja obrone op. 56. Cristóbal Halffter, Dos motetes: I. Iustorum animae, II. Beati ricercare. Iannis Xenakis, Nuits.

 (…) L'Ensemble Vocal Soli-Tutti est composé de 12 chanteurs ; c'est le nombre exact requis par Nuits de Iannis Xenakis, œuvre phare de leur répertoire, à tel point qu'ils la chantent par cœur. Leur niveau de perfection technique n'est comparable qu'à certains des plus remarquables chœurs baltiques, avec en plus la particularité d'être un chœur de chambre et d'obtenir un degré d'intensité émotionnelle au moins aussi intense que celui que j'ai pu entendre dans le meilleur répertoire d'Eric Ericson.
Commencer le concert avec les Cinq Rechants de Messiaen est un tour de force qui donne la mesure de ce que peut offrir Denis Gautheyrie, qui a ensuite abordé une œuvre totalement différente, Pod Twoja obrone de Górecki, qui a bouleversé une grande partie du public par sa formidable beauté expressive....
Après l'énorme effort d'interprétation et de justesse requis par l'écriture maladroite et sophistiquée des Deux Motets de Cristobal Halffter - quasiment le seul moment du concert où les chanteurs ont utilisé un diapason - Denis Gautheyrie a modifié l'ordre du programme pour enchaîner sur l'exquis O sacrum convivium de Messiaen, dont le raffinement a créé un contraste frappant avec l'œuvre précédente.
Enfin vint le moment le plus attendu, l'interprétation de Nuits de Xenakis en Espagne. Cela semble incroyable que tant d'années après la mort de Franco cette pièce reste une "œuvre maudite" et que même dans les notes de programme - faites par Enrique Igoa - on essaie d'escamoter le contenu politique de cette composition, en se concentrant sur des questions techniques sur la partition. Bien que ne parlant pas espagnol, il a fallu que ce soit Denis Gautheyrie qui avec beaucoup d'effort et une prononciation très honorable, récite intégralement la dédicace de Xenakis(1968) : «Pour vous, obscurs détenus politiques, Narcisso Julian (Espagne) depuis 1946, Costas Philinis (Grèce) depuis 1947, Eli Erythriadou (Grèce) depuis 1950, Joachim Amaro (Portugal) depuis 1952, et pour vous, milliers d’oubliés, dont les noms mêmes sont perdus.».
Nuits est, parmi beaucoup d'autres caractéristiques, une œuvre avec de grandes exigences techniques et expressives pour le chœur. Soli-Tutti a atteint une interprétation exceptionnelle dans la meilleure tradition du répertoire virtuose, qui de Liszt à nos jours constitue le processus par lequel une interprétation extrêmement complexe affecte nos émotions et les transcende au plan esthétique. Quelque chose que Xenakis a toujours parfaitement maîtrisé et que son maître Messiaen commentait avec une tendresse paternelle : "à travers les secrets de la technologie, la musique de Xenakis respire la poésie." L'un des aspects qu'il nous reste probablement à découvrir dans ce XXIe siècle, est que Xenakis témoignait non seulement de ses racines thraces, mais qu'il était également un Thrace antique, un Orphique qui ne faisait pas de distinction entre la science et la poésie, entre la musique et l'amour.

 

A propos du concert « Compositeurs d’Estrémadure » à Badajoz, Espagne – 27 octobre 2010

Hoy.es – 3 novembre 2010

La composition musicale évolue en lien avec le style et l'esthétique de chaque époque, même si ces évolutions ne coïncident pas toujours, et que parfois la musique anticipe.
Mercredi dernier, un concert organisé par la Direction provinciale de Badajoz en collaboration avec la Société Philharmonique, a eu lieu dans les Salons de la province. Dédié à quatre compositeurs d’Estrémadure, l’un de la Renaissance et trois contemporains, ce concert était interprété par l'ensemble vocal français Soli-Tutti, composé de douze chanteurs professionnels et dirigé par Denis Gautheyrie.
Ils ont commencé le concert en interprétant plusieurs extraits d’une œuvre du polyphoniste de Badajoz du 16e siècle Juan Vásquez, pièce considérée comme « le plus grand  monument polyphonique élevé au plain-chant ».
Faisant ensuite un grand saut temporel, peut-être un peu brusque,  ils ont créé deux œuvres aux connotations harmoniques très avancées, d’une durée de 8 minutes chacune : Silencio de María José Fontán, sur un poème d'Octavio Paz, et Solista de trompeta de José Ignacio de la Peña, d’après un texte de Ramón Gómez de la Serna. Du compositeur Enrique Muñoz, natif d’Estrémadure mais installé à Madrid, ils ont présenté la pièce Sombras-Espacios para un Réquiem, inspirée par la Messe des morts de Juan Vázquez. On pouvait retrouver des éléments de la polyphonie de la Renaissance dans cette pièce contemporaine. Ces trois compositeurs, qui ont assisté au concert, ont salué en réponse aux applaudissements du public.
Les voix bien timbrées et compactes de Soli-Tutti, en résidence à l'Université Paris 8, ont montré une formidable technique vocale, notamment avec l’ajout au programme d’une version chorale très réussie de la célèbre Habanera de "Carmen" de Bizet.

El avisador de Badajoz – zoomblog - 30 octobre 2010

Le 27 octobre dernier, nous avons eu l'occasion de profiter d'un magnifique concert dans les Salons de la « Direction Provinciale » de Badajoz, avec la brillante performance du groupe vocal Soli-Tutti, en tournée en Estrémadure. Ils ont ravi l'auditoire, qui remplissait la salle, avec un concert de grande qualité, dédié aux compositeurs d’Estrémadure de la Renaissance à nos jours.  L'événement était organisé par la dynamique Société Philharmonique de Badajoz, dans le cadre de sa série de concerts « Feuilles d’Album ».
L’ensemble vocal, qui compte 20 ans d'expérience dans le monde du chant choral, est composé de 12 chanteurs, 6 femmes et 6 hommes, sopranos, altos, ténors et basses. Il a fait une démonstration extraordinaire de maîtrise vocale, le tout sous la direction du grand Denis Gautheyrie, directeur de choeur et d’orchestre de longue date, bon connaisseur de la langue espagnole et de l'Estrémadure, dont il s’est dit enchanté. Inutile de dire que le public de Badajoz, enthousiasmé, a longuement applaudi les chanteurs entre chaque pièce, applaudissements redoublés à la fin, après un bis chanté en français, avec des bravos en grand nombre,  obligeant les artistes à revenir saluer je ne sais combien de fois. On aurait dit que la salle était sur le point de s'effondrer (...)

 

A propos du concert Cantos de amor du 5 novembre 2009 à la salle Meireles, Rio de Janeiro

Dimanche 8 novembre 2009 – Jornal do Brasil Online
par Rodolfo Valverde

Critique : Soli-Tutti – la force du chant a capella

Dès le début, quand l'ensemble a interprété la Habanera de l'opéra Carmen de Bizet, dans  un arrangement de Jean-Philippe Dequin, la sonorité raffinée de Soli-Tutti a été évidente. Le directeur Gautheyrie réussit l'exploit de mélanger, en parfaite syntonie avec les possibilités du texte musical, un son parfaitement homogène et une sonorité riche en nuances, en explorant les particularités du timbre des douze chanteurs de l'ensemble.
De cette façon, les visions complémentaires de l'amour, évoquées dans les différents univers sonores du répertoire choisi, ont été explorées dans des nuances a priori improbables, à travers les richesses harmoniques révélées par Soli-Tutti. Du mysticisme présent dans les Cinq Rechants, composés en 1948 par Messiaen sur ses propres textes, pleins de références mythiques, à la simplicité des versions de Dequin de La vie en rose (d'Edith Piaf) et Ne me quitte pas (de Jacques Brel), ce qui s'est entendu a été un ensemble mûr, dont la vocalisation était en parfaite syntonie avec les intentions du programme.
Commandée par Soli-Tutti, l’œuvre Oscuro Amor d’Enrique Muñoz d’après les Sonetos del amor oscuro de Federico Garcia Lorca, a conclu le concert avec une intensité unique, parfois frappante. Alliant avec originalité divers éléments musicaux, de la musique atonale à la tradition andalouse, et une théâtralité violente, rendue possible par les textes de Lorca, Oscuro Amor avait aussi le renfort de deux chorégraphes danseurs : Francisco Velasco, avec une maîtrise absolue du flamenco et Gianni Joseph, qui auparavant avait enrichi de nouvelles dimensions la musique de Messiaen. Les possibilités multiples de l’œuvre de Muñoz ont permis à Soli-Tutti de démontrer sa grande maîtrise de la musique et de la scène avec une lecture vibrante, polyvalente et totalement captivante. (…)


A propos de la Sinfonia de Luciano Berio, présentée à Buenos Aires par l'Orchestre Symphonique National avec Soli-Tutti sous la direction d'Alejo Pérez le 30 octobre 2009

Mercredi 4 novembre 2009 - Critica de la Argentina
Javier Botana

(…) Ce gigantesque ensemble de symboles et niveaux de signification, additionné à la créativité exceptionnelle de Berio font de sa Sinfonia une oeuvre capitale. La difficulté terrible de l'oeuvre empêche sa programmation fréquente, puisqu'elle n'admet pas de versions médiocres. Ici toutes les précautions ont été prises pour obtenir une version définitive, si ce terme est applicable à une oeuvre dédiée à la liberté et donc basée sur la liberté d'expression et l'improvisation aléatoire.
Un triomphe pour Alejo Pérez, chef d’orchestre expert et inspiré, pour l’extraordinaire ensemble vocal Soli-Tutti venu spécialement de France pour l'occasion, pour l’Orchestre Symphonique National, pour le CEAMC (Centre d'études supérieures en musique contemporaine) et pour le Cycle de Concerts de Musique Contemporaine. (…)

Dimanche 1er novembre 2009  - La Nación
Pablo Gianera

(…) La Sinfonia de Berio que l'on a écoutée après l'entracte n'aurait pas pu être plus réussie. Pour cela, le chef Alejo Pérez a été décisif, sans doute le seul chef d’orchestre local capable de mettre en place un travail semblable, mais aussi le formidable octet vocal français Soli-Tutti, virtuose du chant et de la phonétique, comme l’exigent les innombrables citations verbales. Le deuxième mouvement, "O King" a été émouvant. Et dans le troisième, dans lequel le Scherzo de la Deuxième Symphonie de Mahler est le fil qui relie trois siècles de citations musicales, tout s’est entendu de façon transparente : le fil et les perles. Pour un moment, l’Orchestre Symphonique a été une caisse de résonance de l'histoire.


Dimanche 1er novembre 2009  - Pagina 12
Diego Fischerman

La Sinfonia de Luciano Berio a brillé dans le Cycle de Musique contemporaine du Théâtre San Martín.
(…) le remarquable groupe vocal français Soli-Tutti a été à la hauteur des antécédents. La superposition labyrinthique des citations, des plus érudites (Finnegans Wake de Joyce, The Unnamable de Beckett, Le cru et le cuit de Lévi-Strauss) aux plus profanes (leçons de solfège, graffitis) a trouvé dans leurs voix un instrument parfait. (…) L’orchestre Symphonique National, dirigé magistralement par Alejo Pérez, a construit une version de grande clarté, expressive et précise. L'empathie avec l'octet de voix amplifiées a été permanente et, malgré la sécheresse de l'acoustique de la salle Martin Coronado, l'interprétation a obtenu une puissance et une musicalité exceptionnelles.


Dimanche 1er novembre 2009 – Clarín
Federico Monjeau

L'ouverture du cycle de musique contemporaine du Théâtre San Martín ne pourrait pas avoir été plus audacieuse et plus solidement réalisée. Alejo Pérez a dirigé l’Orchestre Symphonique National dans deux oeuvres fondamentales de l'après-guerre : Atmosphères de György Ligeti et la Sinfonia de Luciano Berio (…) A cette occasion, l’Orchestre a travaillé en collaboration avec l'excellent ensemble français Soli-Tutti (…)


A propos de Au bois lacté, opéra pour voix de François Narboni, créé à l'Opéra-Théâtre de Metz le 18 janvier 2008

23 janvier 2008 - Res Musica
Pierre Degott

La partition, de toute beauté, est d’une grande originalité. Écrit pour un instrument unique, l’accordéon, auquel se rajoute de temps à autres une présence électronique, l’ouvrage repose en grande partie sur l’utilisation de la masse chorale issue de la fosse d’orchestre, et dont les subtiles harmonies traduisent la complexité des situations humaines montrées sur scène. Sur le plateau, un corps de ballet et un chœur mixte d’enfants se mêlent aux incarnations des solistes, complétées encore par la présente d’une récitante, à la fois extérieure et interne à l’action, dont la voix parlée ponctue la partie musicale. D’une grande variété rythmique, mélodique et harmonique, la partition s’inspire autant de la comédie musicale que de la musique celtique ou des madrigaux italiens, le mélange stylistique ainsi obtenu proposant ainsi un prolongement musical à l’entrecroisement dramatique des situations dépeintes sur scène. On aura rarement éprouvé autant de plaisir à la création d’un ouvrage lyrique contemporain.

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